Le terme de psychose, créé par Feuchtersleben (1845), désignait au XIXe siècle toutes les formes de folie. Il recouvre aujourd'hui de nombreuses acceptions qu'on peut classer en deux groupes: les psychoses aiguës et chroniques. La psychose se distingue de la névrose par le degré de conscience que le sujet a de ses désordres: il les reconnaît comme morbides dans la névrose, il est incapable d'en faire la critique dans la psychose.
En clinique psychiatrique la notion de psychose recouvre toute une gamme de maladies mentales, qu'elles soient organogénétiques (paralysies générales, par exemple) ou que leur étiologie reste encore mystérieuse (schizophrénie).
En psychanalyse, le but premier n'a pas été de donner une classification de ce type d'affections, mais l'interêt s'est porté d'abord sur les affections les plus directement accessibles à l'investigation analytique, en recherchant les distinctions fondamentales entre les névroses, les perversions et les psychoses. Dans ce dernier groupe, la psychanalyse a cherché à définir diverses structures: manie et mélancolie, schizophrénie et paranoïa, dont le point commun s'analyse fondamentalement dans la pertubation primaire de la relation libidinale avec la réalité, la plupart des symptômes découlant de cette perturbation, et apparaissant comme des tentatives de restauration de ce lien avec la réalité.
Sur le terrain de la pathologie mentale, le terme de «maniaque» ne désigne pas un sujet ordonné à l'extrême et amoureux d'une propreté excessive, selon l'usage courant. La manie, dans sa forme la plus typique, correspond, en réalité, à une modification brutale et étonnante de l'état psychique et, partant, du comportement de l'individu qui en est atteint. Celui-ci commence par ne plus ressentir le besoin de sommeil, il devient hyperactif, s'engage dans des dépenses inutiles, son humeur est enjouée. Rapidement, il devient agité, tout lui semble possible, il chante, vocifère, fait des jeux de mots, passe du coq à l'âne, élabore des théories sur tout, sans sensation de fatigue et en négligeant des fonctions essentielles comme boire et manger. L'épisode peut durer quelques mois et cesser spontanément, mais on imagine aisément les désordres qu'un tel comportement peut engendrer.
Lorsque cet état alterne avec un accès mélancolique, on parle de psychose maniaco-dépressive. Le rythme dans la succession des épisodes est extrêmement variable; entre les différents accès, l'état psychique est tout à fait normal. La prévention et la guérison de ces épisodes sont désormais possibles; il s'agit d'une maladie endogène (liée à une cause interne) où l'influence de l'hérédité a été clairement mise en évidence.
Ils se différencient des schizophrénies en ceci que le sujet conserve des facultés d'adaptation sociale et professionnelle normales, et que son discours est cohérent. Seuls ses idées et ses propos délirants, apparaissant pour la plupart à partir de 35-40 ans, rendent la maladie manifeste.
Ils surviennent en règle générale chez des individus dont la personnalité de base est précisément de type paranoïaque, c'est-à-dire marquée par la surestimation de soi, la rigidité dans ses convictions, la méfiance vive à l'égard des autres. Ce type de sujet a toujours raison, il est péremptoire dans ses jugements, au demeurant souvent erronés. Le délire éclate un jour à partir de faits réels mais interprétés de façon radicalement fausse par le sujet. Rien n'ébranle ses convictions délirantes, qu'il peut même faire partager à autrui à force de raisonnements paralogiques. Tel va demander réparation pour un préjudice dont il se croit victime, tel autre est persuadé qu'un complot est ourdi contre lui, tel autre encore tyrannise sa femme à partir de la conviction tenace et inébranlable qu'elle le trompe. Ce type de trouble peut conduire à des actes agressifs graves, et les médicaments habituellement actifs sur les délires schizophréniques sont peu efficaces dans ce cas précis.
Ce syndrome, qui survient en particulier chez la femme à partir de 40 ans, associe, dans sa forme la plus classique, des hallucinations auditives ou corporelles à des délires de persécution centrés sur des voisins immédiats. Certains auteurs considèrent qu'il pourrait s'agir d'une forme de schizophrénie d'apparition tardive. Certains médicaments agissent assez favorablement sur ce trouble, seul le refus des soins peut donc susciter des difficultés.