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Jean-Jacques ROUSSEAU Figure incontournable de l’Education Nouvelle. L’Emile est souvent considéré comme la source de ce courant. Il intervient au XVIIIème siècle, le siècle des lumières où les philosophes ont tenté d’aller à l’encontre des divers obscurantismes. 1. Histoire de vie Né en 1712 à Genève. Sa mère meurt. Il vit donc avec son père et son frère. Son père horloger lui demande de faire la lecture de grands philosophes. A la suite d’une partie de chasse, le père de Rousseau blesse un citoyen genevois et est obligé de fuir. Le fils reste avec son oncle et son cousin. Il entame une formation chez un greffier puis chez un maître graveur. Comme ça ne lui plaît toujours pas, il part à Turin, abjure le protestantisme, devient catholique et vit chez Mme de Varens. Il voyage de part toute l’Europe. En 1732, il devient maître de musique à Chambéry puis l’intendant de Mme de Varens. En 1737, il retourne à Genève puis à Montpellier. Il revient sur Chambéry chez Mme de Varens, participe à un ménage à trois puis s’isole aux Charmettes. Il vit une expérience de précepteur à Lyon en 1740. Il travaille sur un système de notation musicale qu’il présente en 1742 à l’Académie des sciences de Paris. Il produit un opéra et obtient une place de secrétaire de l’ambassade de France en Italie. En 1744, il revient à Paris, y rencontre Diderot et Condillac. Il commence une correspondance avec Voltaire. En 1749, il collabore à l’Encyclopédie en rédigeant les articles sur la musique. En 1752, il compose un opéra (Le Devin du village) qui est présenté devant le roi. En 1753, il écrit le discours sur les fondements des inégalités parmi les Hommes, publié en 1755. En 1756, il s’installe à l’ermitage à Montmorency. Tout près, à Mont Louis, il commence à travailler à l’Emile et au Contrat Social. En 1761, il publie la Nouvelle Héloïse et l’année d’après l’Emile et le Contrat Social. Le parlement les interdit, ordonne de brûler l’Emile sur la place publique et Rousseau, décrété de prise de corps, commence à vivre tel un fuyard de par l’Europe. Il revient en France en 1767 et vit entre clandestinité et vie publique. Il entame l’écriture des rêveries du promeneur solitaire. Il meurt en 1778. il est transféré au panthéon en 1794. 2. Rapport à la pédagogie Rousseau en tant que pédagogue. A noter que ses cinq enfants avec Thérèse de Vasseur ont été confiés à l’assistance publique. L’Emile a été écrit après ces abandons, Rousseau s’excuse de cet acte dans l’Emile et ses confessions. En tant qu’éducateur, il a été maître de musique, précepteur à deux reprises. L’Emile et ses liens avec le Contrat Social : les deux ouvrages sont publiés en 1762. cette double parution montre le lien qu’il entretient entre éducation et politique. L’Emile a été interdit parce qu’il remet en cause l’esprit académique et les préjugés sociaux. Dans le livre 4, il fait l’apologie d’une religion naturelle fondée sur les lumières de l’esprit, à l’écoute des sentiments. Il réfute ainsi le dogme et une foi révélée. Rousseau a signé son livre de son nom, le parlement veut faire un exemple en interdisant l’Emile ; le parlement est également sur le point d’expulser les Jésuites et espère ainsi se montrer impartial. Emile n’est pas un traité d’éducation mais tend à étudier par quels mécanismes la nature humaine se développe, dans le sens de la sociabilité. Pour être compris, il faut sans cesse se demander ce que l’auteur a bien voulu dire, il faut savoir interpréter les contradictions, répétitions ou exagérations. Ne pas s’en tenir à une lecture trop obéissante, à la lettre. 3. Les 5 livres de l’Émile Les premières années de la vie, l’importance de l’allaitement maternel, les mouvements libres dans les vêtements, l’importance d’éduquer sans hâte, au gré de la nature. Ce qui importe est de connaître l’enfant dont il est question : Emile. Il ne s’agit pas de suivre une méthode mais la nature de l’enfant et son besoin d’éducation. Education de 2 à 12 ans, éducation des sens et de l’esprit. Il s’appuie sur divers philosophes qui l’ont inspiré. Il insiste sur l’importance de la vie en plein air, sur la place laissée au jeu (influence d’Erasme). Ce qui importe est l’idée d’éducation négative. Avant 12 ans, l’enfant n’a pas encore atteint l’âge de raison et ce n’est qu’à partir de cet âge qu’il ne pourra vraiment commencer son éducation intellectuelle. Les enseignements débutent entre 12 et 15 ans. L’intelligence n’assimile que ce qu’elle découvre par elle-même. Rousseau s’appuie sur la curiosité de l’enfant pour le faire découvrir par les expériences, par les leçons des choses. Pour la géographie, on fait voyager Emile pour le faire apprendre, de même pour les autres domaines. Le plus important à chaque fois est de se demander à quoi ça sert. Pendant cette période, Emile n’a pas accès aux livres, sauf à quelques passages de Robinson Crusoë. A partir de 16 ans, Emile commence à lire les grands philosophes et découvre la religion (en évitant l’idolâtrie). Le livre 5 s’intéresse à Sophie, l’amie d’Emile qui a reçu une éducation traditionnelle. 4. Les points centraux de la pédagogie rousseauiste : L’importance de la nature : l’enfant est bon naturellement, si l’homme agit mal, c’est parce qu’il le devient de par son histoire, il ne l’était pas à son origine. « A l’état de nature on est, de société on apparaît. » Pour Rousseau, il faudrait reconstruire cet état de nature. La seule solution est de construire une fiction, d’imaginer l’homme s’il ne vivait pas en société et d’enlever les traits de caractère acquis par le social. En choisissant un élève imaginaire, il est libre de choisir ce qui l’arrange ; par exemple, Emile est orphelin, il est donc celui qui vient de rien (ex nihilo), exempt de toute histoire familiale, et c’est lui qui va l’aider à accéder au statut d’Homme. C’est une sorte du mythe de l’origine. C’est son côté utopique qui a eu autant de succès auprès des pédagogues qui s’en sont inspirés. La question de la liberté : Rousseau commence le contrat social par « l’homme naît libre et partout il est dans les fers. » On ne peut devenir libre qu’à condition d’être traité en être libre. En même temps, le statut d’enfant nécessite la présence de l’adulte pour grandir et être protégé. L’éducation négative : avant 12 ans, l’enfant ne peut recevoir d’éducation directe. L’apprentissage doit venir de l’expérience des choses et non des injonctions d’un maître. Si l’enfant peut devenir libre, c’est parce qu’il va se plier aux exigences des choses. Rousseau remplace les leçons par un monde purement physique. Le rôle de l’éducateur est de préserver l’enfant d’une société corruptrice, où règnent l’inégalité et les préjugés. « Ce n’est pas de gagner du temps mais d’en perdre qui importe. » L’éducation négative, c’est tout sauf du laisser-faire. On croît souvent à tort qu’il suffit donner la liberté de l’enfant pour qu’il apprenne. En fait, ce qui importe avant tout est de le protéger des préjugés. La perfectibilité de l’être humain : faculté de faire des progrès en bien comme en mal. L’être humain peut évoluer. Le rôle de la perfectibilité est de montrer que la véritable nature de l’homme est de ne pas en avoir. A partir des notes de Sylvain CONNAC
Date de création : 13/10/2006 * 22:24
Dernière modification : 28/03/2007 * 11:25
Catégorie : Portraits
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